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mardi 31 janvier 2017

"Le père Goriot", Honoré de Balzac #Chronique #Mardiconseil

Titre: Le père Goriot
Auteur : Honoré de Balzac

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Tout au long de la Comédie Humaine, Balzac nous présente des situations de vie et des personnages, mêlant analyse psychologique et intrigues fortes. "Le père Goriot" est un des romans les plus sensibles de cette longue série. Bien que dépeignant une situation du XIXème siècle, ce roman reste d'actualité par les thèmes universels et actuels qui y sont abordés : l'amour paternel, le Temps, le sens de la vie, l'insouciance de la jeunesse.

Le père Goriot, veuf, vit dans la pension de Madame Vauquer. Un lieu où se trouvent être de nombreuses personnalités aux aspirations et fortunes diverses. Père de deux filles, il sacrifie tout ce qu'il a pour ces dernières. Bien qu'elles soient "bien" mariées (à moins qu'il ne faille dire "parce que"), elles ne lui manifestent qu'un intérêt limité à leur besoin.

Avec une grande sensibilité, Balzac nous mène à travers ce roman dans une réflexion amère sur notre propre destinée. Au XXIème siècle, dans un monde où les cultes de la jeunesse et de la beauté ont pris le dessus sur ceux de la sagesse et de l'expérience, où les pensions de retraite sont devenues un sujet récurrent d'actualité, ce roman nous met en garde contre une certaine vision de la société.

La lente déchéance du père Goriot, qui trouvera pourtant du soutien dans son entourage immédiat, nous écrase de sympathie et de tristesse. Le symbolisme de la pension Vauquer, image de la société, où le fait de vivre dans tel ou tel appartement est corrélatif avec la fortune et le rang social, donne à ce roman une noblesse et une puissance inégalées et inégalables. Pierre fondamentale dans l'édifice de la littérature mondiale, ce roman est incontournable pour découvrir Balzac. J'espère que vous prendrez autant de plaisir que j'ai eu à le lire (et à le relire) !

Bonne lecture !

Romain

mardi 1 novembre 2016

"La symphonie pastorale" d'André Gide #chronique #MardiConseil

Titre : La symphonie pastorale
Auteur : André Gide

"La symphonie pastorale" est un petit roman d'une grande sensibilité. Le style étant fluide et alerte, la lecture est très agréable et on se laisse emporter rapidement dans cet univers teinté de poésie. Néanmoins, il s'agit d'un drame qui prend sa source dans les tragédies grecques.

Gertude, jeune fille orpheline et aveugle, est recueillie par un pasteur et sa famille. Il l'éduque, mais il en tombe amoureux... Il en est de même de son fils, Jacques, que le père éloignera de la famille pour ce motif. Il y a donc un conflit moral important dans cette histoire : la morale chrétienne reste omniprésente et pèse sur tous les personnages comme un couvercle qui les empêche de s'échapper.

J'ai trouvé dans ce livre, dans cette hisoire et chez chacun des personnages, beaucoup d'émotions et de sentiments. L'écriture n'est pas mélodramatique et, à un aucun moment, l'auteur ne cède à la facilité du romantisme et du sentimentalisme. Je ne peux que vous en conseiller la lecture!

Romain

mardi 31 mai 2016

"François le champi", George Sand #MardiConseil #Chronique

Titre: François le champi
Auteur: George Sand
Première publication: 1850

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Illustration : Sylvain Fraroz
George Sand, écrivaine française du XIXème siècle, a raconté le monde champêtre dans bien de ses romans. "François le champi" est l'un de ses courts romans, frais, où la vie traditionnelle campagnarde se déroule au rythme de la nature. Les personnages sont simples et bruts. Sans tomber dans la caricature, George Sand présente les grands archétypes des personnalités humaines.

L'histoire tourne autour d'une caractéristique : être un champi. François, le héros, a été abandonné à la naissance. Il est dès lors surnommé "le champi", comme tous les enfants qui vivaient le même sort. Dans la campagne, il n'est jamais bon d'être différent et les champis ont mauvaise réputation. Ce sont des voleurs, violents et bagarreurs. Ils restent en marge de la société car ils ne trouvent pas de femme pour fonder un foyer.

Les autres champis sont presque toujours humiliés de leur sort, et on leur fait si durement comprendre qu'on leur ôte de bonne heure la fierté du chrétien. Ils s'élèvent en détestant ceux qui les ont mis au monde ; sans compter qu'ils n'aiment pas davantage ceux qui les y ont fait rester. Mais il se trouva que François était tombé dans les mains de la Zabelle qui l'avait aimé et qui ne le maltraitait point, et ensuite qu'il avait rencontré Madeleine dont la charité était plus grande et les idées les plus humaines que celles de tout le monde. Elle avait été, pour lui, ni plus ni moins qu'une bonne mère, et un champi qui rencontre de l'amitié est meilleur qu'un autre enfant, de même qu'il est pire quand il se voit molesté et avili.

Ainsi, on suit les aventures de François le champi où les évènements vont éprouver durement son coeur. Quelques intrigues de mauvaises personnes briseront la monotonie d'une vie qui peine pourtant à se stabiliser... On vibre pour François le champi : colère, injustice, joie... Ce livre est un petit paquet rempli d'émotions que je recommande vivement. Bonne lecture!

Romain

mardi 29 mars 2016

"L'Assommoir" Emile Zola #chronique

Titre: L'Assommoir
Auteur: Emile Zola
Publication: 1877

Ce roman de Zola m'a plongé dans un univers auquel je ne m'attendais pas. Le titre, en lui-même, ne m'évoquait rien. Puis, pendant la lecture, de manière insidieuse, j'ai commencé à percevoir ce qu'il signifiait. En fait, l'Assommoir est un monstre qui se matérialise sous la forme d'un alambic. C'est le pouvoir destructeur de l'alcool sur les êtres qui n'ont comme seul loisir que celui de boire. De fait, "l'Assommoir" est un roman noir. Les personnages sont pris dans un piège qui les dépasse et rien n'arrêtera leur folie. Ce roman est une tragédie : implacable, inéluctable, sans espoir.

Au milieu de cet univers sombre, comme un papillon qui vole au milieu d'un champ de ruines, on entend résonner des rires d'enfants. Par petites touches, Zola nous montre qu'on peut être heureux, malgré tout, dans la misère. Mais chaque note de couleur semble être posée par l'écrivain pour mieux faire ressortir la noirceur du reste.

Dès sa sortie, cet ouvrage fit scandale. On reprocha à Emile Zola de montrer la vie des ouvriers d'un point de vue trop "cru." Une polémique importante est née : dans les deux principaux camps politiques, ce ne sont que reproches et insultes à l'égard de l'écrivain. A tel point que l'ouvrage finira par être interdit temporairement par le procureur de la république de Melun.

Ce livre est devenu un classique de la littérature française. Bien écrit, passionnant, laissez-vous emporter par une réalité forte, celle du monde ouvrier du XIXème siècle, et vous entendrez vos émotions chanter au rythme des vicissitudes rencontrées par les personnages.

Bonne lecture!

Romain

mardi 19 janvier 2016

"Le Rouge et le Noir" de Stendhal #chronique

Titre : Le Rouge et le Noir
Auteur : Stendhal
Date de la première parution : 1830

"Le Rouge et le Noir" est un grand classique des romans français. C'est l'un des premiers "grands" ouvrages que j'ai lu - j'ai été immédiatement conquis. Plusieurs angles sont possibles pour évoquer cet ouvrage fondamental. L'angle sociologique tout d'abord puisqu'une fine analyse des différentes couches de la société y est faite. Le fil conducteur est alors l'ascension sociale. Sous l'angle humain et psychologique, ce roman pose les questions de l'amour et de la relation à autrui, ce qui a fait de Stendhal, encore aujourd'hui, un romancier "psychologue." Enfin, l'angle historique car l'auteur dépeint les mécanismes de l'époque de la Restauration.

Le héros, Julien Sorel, est fils d'artisan. Son père voit d'un mauvais oeil les dispositions intellectuelles de son fils qui, soutenu par un abbé, arrivera malgré tout à entrer au séminaire. Il devient précepteur dans la famille "De Rênal". A partir de là, le feu de son ambition et son impatience juvénile vont le consumer progressivement tout le long du roman. D'amours impossibles en ambitions irréalisables, Julien va se heurter à toutes les problématiques sociales de son époque. Intelligent et stratège, il usera avec beaucoup de talents de ses qualités pour tenter de s'élever dans cette société particulière qu'est celle de la Restauration. Le suivre dans ses méandres psychologiques est tout simplement passionnant.

Concernant l'écriture, elle est facile à lire, précise, fluide. L'ouvrage se dévore sans qu'on ne puisse songer qu'il a été écrit au XIXème siècle. La signification du titre a fait couler beaucoup d'encre car Stendhal n'a pas donné la signification aux symboles qu'il a employés derrière les deux couleurs. Pour ma part, j'ai assimilé le rouge aux passions, amoureuses et personnelles, que ce soit pour Julien ou les autres personnages du roman. Quant à la couleur noire, j'y mets une double référence à la fois à l'habit ecclésiastique que porte Julien, mais aussi pour le côté sombre du roman qui pousse le Rouge a tout détruire sur son passage. Le Noir, c'est donc la couleur du deuil dans cette hypothèse.

Ce livre est un incontournable de tous les amoureux de la lecture. Si vous ne l'avez jamais lu, ne faites pas l'impasse dessus. Si vous l'avez déjà lu, peut-être prendriez-vous du plaisir à le relire...

Bonne (re)découverte!

Romain

mardi 24 novembre 2015

"Vipère au poing", Hervé Bazin #chronique

Titre Vipère au Poing
Auteur Hervé Bazin
Date de la première parution 1948

« La Belle Angerie » ? Un nom splendide pour séraphins déchus, pour mystique à la petite semaine. Disons tout de suite qu’il s’agit d’une déformation flatteuse de la « La Boulangerie »

Le décor est posé.

Jean Rezeau, 10 ans, dit Brasse-Bouillon livre un combat impitoyable contre Folcoche, une femme cruelle, sadique, radine, une mégère, sa mère. « Vipère au poing » est un roman sur la maltraitance et l’enfance difficile. L’histoire commence avec la capture et la mise à mort d’une vipère, comme une prémonition sur ce qui va suivre. Les 3 garçons vont devenir les souffre-douleur de leur mère. Le père, lâche, ne se rebelle qu’une seule fois : « Mais enfin Paule, vous allez nous foutre la paix »

Vipère au poing, c’est l’autobiographie d’Hervé Bazin. D’ailleurs entre le roman et la véritable famille d'Hervé Bazin, les prénoms et noms des personnages sont souvent à peine modifiés. Ce combat de chaque instant va nourrir Jean/Hervé qui jamais ne se pose en victime mais toujours en guerrier. Il déteste qu’on le plaigne. Ce roman connaît un immense succès après-guerre et est suivi de nombreux autres, comme La Mort du petit cheval, puis Cri de la chouette qui décrivent, avec un certain naturalisme et un art du portrait psychologique, les mœurs de son époque.

Le livre est dur, Folcoche détestable, Jean courageux. Je vous dirais bien de ne pas le lire tellement l’histoire est affreuse, mais cette transformation de la haine en énergie positive vaut vraiment la peine d’être lue… quand même.

Natalie

mardi 3 novembre 2015

"Germinal", Emile Zola #chronique

Germinal est paru en 1885, il est le 13ème roman de la série des Rougon-Macquart. Etienne Lantier, le héros est sans travail. Il a giflé son patron et, sans autre choix possible, part dans le Nord pour être embauché dans les mines de charbon. Il découvre les conditions effroyables de travail. Et comme un beau roman ne le serait pas sans un fond d'histoire d'amour, il tombe amoureux de Catherine. Un amour impossible, semble-t-il.

Il s'agit d'un roman naturaliste. C'est en pleine envolée des actions minières que Zola décrit le capitalisme charbonnier dans le Nord. Alors que les patrons décident de baisser les salaires, les ouvriers luttent et rêvent d'une société plus égalitaire. C'est l'histoire de combats acharnés, violents et sans concession contre une société injuste. Et qu'a-t-on à perdre quand on n'a plus rien : rien. Les ouvriers se retrouvent face aux soldats et... Ce roman n'est pas sans rappeler les grands mouvements de l'histoire qui ont fait avancer les droits. Il est évidemment à conseiller à tous, que ce soit pour se replonger dans ce que fut le monde du capitalisme à ses prémisses ou pour faire découvrir aux jeunes générations que le monde dans lequel ils vivent n'a pas toujours été aussi "confortable."

Aujourd'hui, le bassin minier, théâtre du livre, est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Quel meilleur hommage, et je pèse ce mot pour cet homme, écrivain, journaliste et politique engagé. Un homme de tous les combats, celui de l'affaire Dreyfus, admirable et, faut-il le préciser, que j'admire.

Natalie

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