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lundi 20 novembre 2017

La nuit tous les rodilardus sont gris. #MotDisparu

"Rodilardu" est un nom masculin qui était utilisé il y a très longtemps pour désigner un chat. Ce terme est complètement tombé en désuétude, même s'il ne manque pas de charme... L'expression "la nuit, tous les chats sont gris" est un proverbe classique qui désigne que, dans une situation confuse, il ne faut pas tirer de conclusion hâtive. Elle est une excellente occasion d'utiliser à nouveau ce mot. En effet, en l'entendant, chacun reconnaitra le proverbe mais aura, dans le même temps, un doute sur cette reconnaissance intuitive... Cette réaction est très exactement le conseil donné par le proverbe. CQFD.

Nous attendons avec impatience vos phrases, paragraphes, textes, nouvelles, romans ou sagas utilisant ce terme. Vous pouvez les mettre soit en commentaire sous ce billet, soit en mettant le lien vers la page de votre site internet ou de votre blog où vous avez rédigé le texte. Les références Twitter sont également les bienvenues.

Cette semaine, racontez-nous comment vous avez réussi à placer le mot "rodilardu" dans vos conversations courantes (ou vos tweets)... et envoyez-nous tous les termes surannés rencontrés que vous souhaitez voir apparaître dans cette rubrique! C'est un challenge, mais aussi un plaisir, pour nous de construire des textes avec des mots inusités (ou presque)!

L'équipe des Editions Secrètes

mardi 7 novembre 2017

Le laboratoire d'écriture : un monde structuré et cohérent #MardiConseil

Il est important, dans un récit, que le monde offert aux lecteurs soit cohérent. Le genre détermine cette cohérence mais, en aucun cas, ne permet de limiter cette dernière. En effet, nos esprits sont prompts à modéliser des univers et, bien avant que l'écrivain nous donne les clés de ce dernier, ils en façonnent inconsciemment les contours au fur et à mesure de la lecture.

Ainsi, le genre du récit va déterminer ce que nous sommes prêt à accepter, en qualité de lecteur, dans un univers quelqu'il soit. Si l'action se déroule dans notre univers physique, l'intervention tardive d'un élément fantastique générera une interrogation au lecteur sur son caractère crédible. De même, si vous écrivez à une période historique particulière, il est important de se documenter correctement sur les éléments de vie de ce temps-là. Aviez-vous déjà pris conscience qu'en lisant Balzac vous étiez totalement plongé dans le XIXème siècle ? Les éléments du décor, les objets utilisés, l'importance que ces derniers revêtent pour les personnages, leur mode de transport ou leur nourriture doivent refléter leur monde... A défaut, ce dernier ne sera pas vraisemblable et vous perdrez une bonne partie de vos lecteurs.

La solution qui peut paraître la plus simple est celle d'inventer un nouveau monde. Détrompez-vous! Tout univers a ses propres contraintes physiques, matérielles et technologiques. Au fur et à mesure de la lecture, votre lecteur va reconstituer de manière inconsciente votre monde. Il peut trouver des "failles" dans la logique de ce dernier. Le plus grand écueil est celui où le scénario ne colle pas avec l'univers. Votre personnage, dans un monde de haute technologie, est poursuivi par la police. Il court dans des ruelles et arrivent à semer les policiers qui le poursuivent. De multiples questions surgiront dans l'esprit du lecteur : comment la police peut-elle le perdre de vue alors qu'il y a des caméras de surveillance partout ? Pourquoi les drones n'ont-ils pas participé à la poursuite ? Pourquoi les policiers n'étaient-ils pas équipés d'arme permettant d'intercepter à distance la personne ?... Bref, ce flot de questions doit être anticipé.

Ainsi, placer son récit dans un nouvel univers est le gage d'un travail délicat de construction afin que ce dernier reste cohérent, c'est-à-dire crédible pour le lecteur. Lire des livre de jeux de rôle peut aider à comprendre comment construire un environnement complet. En effet, ces derniers proposent des mondes structurés en en détaillant les règles de fonctionnement à tout niveau (physique, légal, matériel, vie...). Avant d'entamer toute histoire, il apparaît important de se documenter ou de créer cette documentation. Cela représente un travail non négligeable, mais qui peut être source d'inspiration pour les scénari à venir...

Romain

mardi 24 octobre 2017

Le laboratoire d'écriture : L'atmosphère d'un lieu #MardiConseil

Les personnages d'une histoire évoluent dans un environnement et l'écrivain doit retranscrire l'atmosphère qui en résulte, ainsi qu'en décrire les détails. Etonnament, ce ne sont pas les descriptions les plus précises qui sont les plus efficaces parfois. Une simple suggestion peut agir en profondeur sur l'esprit du lecteur et lui laisser le sentiment de connaître un endroit. Par exemple, la maison où est née Marguerite Yourcenar est décrite toute en surface. On comprend pourtant que c'était une maison simple et traditionnelle dans sa conception.

La maison où se passait cet évènement, puisque toute naissance en est un pour le père et la mère et quelques personnes qui leur tiennent de près, se trouvait située au numéro 193 de l'avenue Louise, et a disparu il y a une quinzaine d'années, dévorée par un building. (Marguerite Yourcenar, Souvenirs pieux)

Le style peut aussi être plus imagé et nous conduire ainsi à une description plus précise. Un bon écrivain sait changer sa manière de décrire les choses en fonction de l'intention qu'il souhaite mettre en oeuvre dans le texte. Toujours dans le même ouvrage, une autre description, d'un tout autre style :

La route est la même que celle du matin, mais la froide et venteuse fin de journée semble avoir changé le paysage. Les arbres, tantôt si beaux sous leur parure d'or, ne sont plus que des mendiants à qui la bise qui souffle maintenant par saccades arrache leurs derniers haillons. L'ombre des nuages assombrit les champs. (Marguerite Yourcenar, Souvenirs pieux)

La description peut être réalisée par le héros plutôt que par un narrateur extérieur. Il n'y a pas de règle. Seule l'intention compte. Le sentiment d'être pris au piège par un personnage est exacerbé par sa vision des lieux.

Il n'y avait pas de porte donnant sur l'extérieur. J'étais enfermé comme une abeille dans un coffre-fort. Par la fenêtre, je ne voyais que d'épais barreaux de fer et le reflet dans les vitres de ma propre silhouette. Un petit escalier raide menait à une soupente où je ne trouvai qu'un vieux lit de fer et quelques malles de bouquins ; c'est tout ce qui restait des paradis artificiels, c'était toute la réalité matérielle de cette fantasmagorie. Là aussi, la lucarne était solidement grillagée. Dehors, il faisait nuit noire. (René Daumal, La grande beuverie)

La description d'un lieu, outre l'atmosphère donnée à une histoire, est un bon moyen d'emmener le lecteur plus loin dans ses rêves. Cela ralentit le rythme de la lecture sans que le récit n'en patisse réellement si on intègre des éléments qui attisent la curiosité du lecteur (qu'on rassasiera plus tard) ou qui répondent à des questions qu'on aura préalablement déposées (discrètement) dans l'esprit du lecteur...

Bonne écriture!

Romain

lundi 23 octobre 2017

Le panestier et le pain-d'épicier, deux artisans du domaine panaire, qui nous accompagnent à table #MotDisparu

Sur la table, on trouve du pain. Celui qui le fabrique, le boulanger, avait autrefois un nom sympathique : le panestier. Il existait aussi un autre nom pour celui qui, de manière particulière, fait le pain d'épice : le pain-d'épicier. L'adjectif qui les relie au monde du pain est panaire. Voilà bien du beau vocabulaire pour saluer votre panestier (ou panestière) préféré!

Nous attendons donc avec impatience vos phrases, paragraphes, textes, nouvelles, romans ou sagas utilisant ce terme. Vous pouvez les mettre soit en commentaire sous ce billet, soit en mettant le lien vers la page de votre site internet ou de votre blog où vous avez rédigé le texte.

Cette semaine, racontez nous comment vous avez réussi à placer les noms panestier, pain-d'épicier et l'adjectif panaire dans vos conversations courantes (ou vos tweets)... et surtout, envoyez nous tous les termes surannés rencontrés que vous souhaitez voir apparaître dans cette rubrique!

L'équipe des Editions Secrètes

mardi 10 octobre 2017

Le laboratoire d'écriture : travailler son style #MardiConseil

Le style des écrivains est une formule qui revêt bien des significations en fonction de ceux qui emploient cette expression. Il reflète parfois le genre littéraire : comique, fantastique, absurde, sentimental... Il s'agit là d'une confusion. Le style est la manière dont s'exprime un auteur, c'est-à-dire comment il choisit d'exprimer ses idées, à savoir son vocabulaire et la forme de ces phrases. Le style est la signature d'un écrivain. Son écriture porte la marque de sa personnalité. Le plus simple est de comparer, pour illustration, quelques styles très différents. Les auteurs sont ici choisis pour leur style très contrasté et si caractéristique :

"La tête de Raphaël était devenue livide et creuse comme un crâne arraché aux profondeurs d'un cimetière pour servir aux études de quelque savant. Pauline se souvenait de l'exclamation échappée la veille à Valentin, et se dit à elle-même : Oui, il y a des abîmes que l'amour ne peut pas traverser, mais il doit s'y ensevelir. " (Balzac, La peau de chagrin)

Balzac fait souvent de longues phrases, aux constructions parfois complexes. Ce style d'écriture, assez élaborée, se retrouve souvent dans la littérature du XIXème siècle. Le XXème siècle a vu le style être bouleversé par un auteur qui y a introduit des éléments de langage parlé et un vocabulaire moins conventionnel que celui habituellement rencontré dans la littérature. Il s'agit de Céline.

Lui une seule idée, je savais, il était en retard, son retour!... voici!... donc ça y était... je laisse les autres ficeler, consolider l'édifice... ils étaient je vous ai dit bien trente... cinquante... qu'allaient pousser... et je crois au moins cinq kilomètres à travers Hanovre... les autres qui restaient... plein les plates-formes semblaient pas contents... du tout!... que même ils nous insultaient... (Céline, Rigodon)

On peut comparer ce style très parlé de Céline avec celui, très littéraire, de Marguerite Yourcenar, sa contemporaine, où les mots semblent se combiner entre eux de telle manière qu'on a la sensation de voir apparaître la phrase qui attendait d'être révélée au lecteur :

Dès les premiers temps de leur vie en commun, il s'était choqué de l'entendre dire, comme il lui proposait d'essayer encore une spécialité du Café Riche : "Mais pourquoi? Il reste des légumes." Aimant jouir du moment, quel qu'il fût, il vit là une manière de rechigner à un plaisir qui s'offrait, ou peut-être, ce qu'il détestait le plus au monde, une parcimonie inculquée par une éducation petite-bourgeoise. Il se trompait en ne percevant pas chez Fernande des vélléités d'ascétisme. Le fait reste que, même pour les moins gourmets, les moins gourmands ou les moins goinfres, vivre ensemble c'est en partie manger ensemble. Monsieur et Madame de C. n'étaient pas bons partenaires à tables. (Marguerite Yourcenar, Souvenirs pieux)

Comment travailler son style ? En lisant, en lisant beaucoup, uniquement des auteurs français, de styles différents, de toutes les époques. Chacun des écrivains crée une musique particulière dans l'esprit. L'histoire importe parfois peu, ce qui compte, c'est surtout comment on la raconte. A force de côtoyer des styles variés, on apprend à les aimer mieux, à les comprendre. L'école de l'écriture, c'est avant tout la littérature.

Bonne lecture!

Romain


lundi 9 octobre 2017

Aujourd'hui, le ciel semble prêt à flochoter #MotDisparu

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L'été est terminé. L'automne s'intalle avec ses douces couleurs, sa luminosité si particulière... et progressivement, de gros nuages, parfois, traversent le ciel. La nature semble alors s'endormir. Les oiseaux se taisent. Le temps est suspendu. Tout est comme dans un cocon. Ces nuages donnent l'illusion de vouloir laisser tomber quelques flocons de neige sur nous. Et pourtant, en automne, le temps est trop doux pour que la nature se pare de neige. Ce n'est pas encore le moment de "flochoter". Voilà un bien joli mot, rare, disparu, pour décrire ce qui "tombe à flocons", c'est-à-dire "neiger".

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L'équipe des Editions Secrètes

mardi 3 octobre 2017

Le laboratoire d'écriture : description d'un personnage #MardiConseil

Il est important pour un lecteur de se faire une idée précise des personnages. La manière dont le romancier va les décrire est très importante. Les éléments physiques peuvent tout aussi bien traduire des éléments de personnalité du personnage. Il est possible également de choisir une situation qui le montrera tel qu'on le percevra tout au long de l'histoire. Ainsi, dans Madame Bovary, Flaubert choisit de nous décrire Charles Bovary comme étant jeune et déjà gauche... Il est immédiatement ridicule comme nous l'apprend cette première description faite dans le premier chapitre du livre :

Resté dans l’angle, derrière la porte, si bien qu’on l’apercevait à peine, le nouveau était un gars de la campagne, d’une quinzaine d’années environ, et plus haut de taille qu’aucun de nous tous. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village, l’air raisonnable et fort embarrassé. Quoiqu’il ne fût pas large des épaules, son habit-veste de drap vert à boutons noirs devait le gêner aux entournures et laissait voir, par la fente des parements, des poignets rouges habitués à être nus. Ses jambes, en bas bleus, sortaient d’un pantalon jaunâtre très tiré par les bretelles. Il était chaussé de souliers forts, mal cirés, garnis de clous.

Flaubert, Madame Bovary

On se rend compte que Charles est habillé d'une tenue bigarrée qui le rend ridicule... En plus, il est dans des vêtements visiblement trop petits pour lui, ce qui ajoute à sa singularité compte tenu de sa grande taille par rapport à ses camarades de classe... Sa coiffure, bien propre et bien taillée pour l'occasion, lui donne un air bête... Et c'est ainsi que le lecteur prend conscience que ce Charles Bovary va devoir se battre tout au long du roman pour être à la hauteur.

Dans un autre style, Balzac est réputé pour ses longues descriptions des environnements de vie. Ce n'est pas anodin. Il y a derrière cette attitude littéraire la volonté d'informer le lecteur sur la psychologie des personnages. Ainsi, dans le père Goriot, il décrit la maîtresse de la pension de cette manière :

Bientôt la veuve se montre, attifée de son bonnet de tulle sous lequel pend un tour de faux cheveux mal mis, elle marche en traînassant ses pantoufles grimacées. Sa face vieillotte, grassouillette, du milieu de laquelle sort un nez à bec de perroquet ; ses petites mains potelées, sa personne dodue comme un rat d’église, son corsage trop plein et qui flotte, sont en harmonie avec cette salle où suinte le malheur, où s’est blottie la spéculation, et dont madame Vauquer respire l’air chaudement fétide sans en être écœurée. Sa figure fraîche comme une première gelée d’automne, ses yeux ridés, dont l’expression passe du sourire prescrit aux danseuses à l’amer renfrognement de l’escompteur, enfin toute sa personne explique la pension, comme la pension implique sa personne.

Balzac, Le père Goriot

En quelques lignes, il nous montre à quel point cette femme est sèche d'émotions et de sentiments au plus profond d'elle. Sa corpulence suggère, non pas de l'appétit pour la vie, mais plutôt le profit. Elle profite. Elle est comme une sangsue pour ses pensionnaires. La pension Vauquer, lieu du drame, est un lieu qui ne rayonne pas de vie. Par la description de madame Vauquer, on sait que les pensionnaires sont au purgatoire, ce lieu entre le paradis et l'enfer. Ses yeux ridés traduisent tout son registre d'émotion, passant du sourire hypocrite à la rigueur du créancier qui recompte son argent. La clé nous est donnée directement : toute sa personne explique la pension, comme la pension implique sa personne.

A travers ces deux exemples, vous avez la possibilité de détailler deux visions de la description d'un personnage. D'une part, l'aspect extérieur (Charles Bovary décrit par ses vêtements) donne des indications sur ce que sera le futur du personnage, ainsi que les aspects de sa personnalité avec lesquels il devra se battre. D'autre part, l'aspect physique du corps (madame Vauquer et son petit côté dodue) traduit la manière d'être dans sa vie et une partie de sa personnalité.

Dans tous les cas, vous constatez qu'une bonne description d'un personnage se doit d'être en cohérence avec le reste de son histoire et de son environnement. A défaut, le lecteur ne se laissera pas prendre...

Romain

vendredi 29 septembre 2017

"Nègre de mendiants" de Franck Leduc

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Dalas Beulite est employé à la réception du Service des Objets Trouvés. Il recueille les demandes classiques de perte de virginité jusqu'à celle de billet de banque... Avec une désarmante répartie, il aiguille les administrés vers les formulaires idoines. Sans véritable surprise, il rencontre, en habitué des demandes les plus étranges, Derek Magenzdorf. Ce dernier est à la tête d'une bande de clochards professionnels et exploite le business de la poésie mendigote. Toutefois, cette niche littéraire risque de se tarir car l'inspiration de Derek a disparu. Les deux hommes partent ensemble à la recherche de cette dernière...

Franck Leduc

Une scolarité scientifique traditionnelle et exemplaire. Une réussite professionnelle en conséquence. Logique. Un honnête père de famille. Pourtant... Qui imaginerait que, dès la nuit tombée, tel mister Hyde, Franck Leduc se transforme en un écrivain fantasque aux univers variés. Le paradoxe de sa personne réside dans sa capacité à réinventer le quotidien: les situations les plus loufoques ou ubuesques surgissent naturellement, sous sa plume, avec toute la précision horlogère dont le réel est capable.

Vous aimez être surpris et rire aux larmes en découvrant des personnages se retrouver prisonniers de leurs propres pièges ? Vous voulez vibrer avec eux lorsqu'ils seront en prise avec un réel tout aussi absurde que ne peut l'être la vie ? Faites confiance à Franck Leduc pour vous guider dans le dédale du monde, vous montrant scène après scène, les tableaux imaginaires qu'il a écrits pour vous.

En vente dès aujourd'hui sur:

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Et bien d'autres encore!

Illustration: François Boucq

ISBN: 9782374460352

Date de publication numérique: 29 septembre 2017

Prix numérique: 3,99 €

Prochainement disponible en version brochée

mardi 5 septembre 2017

Le laboratoire d'écriture : l'observation, ou comment touver l'inspiration dans la réalité #MardiConseil

Pour accrocher un lecteur, les personnages doivent une personnalité assez marquée. Il n'est pas toujours simple de fabriquer un héros qui ne soit pas le reflet d'un simple "cliché". Ainsi, l'homme parfait qui rencontre la femme parfaite dans le cadre d'une histoire d'amour parfaite en est le plus parfait exemple... Ce scénario est non seulement inintéressant, mais les personnages le seront d'autant plus qu'ils n'ont aucune rugosité. L'aspect lisse d'un personnage le rendra insipide aux yeux du lecteur. Pour éviter cette situation, il aura un caractère particulier et devra surmonter les difficultés de sa personnalité. Parfois, c'est le caractère en lui-même qui sera le nœud principal de l'histoire. Ainsi, on peut penser à Julien Sorel et son ambition dévorante dans "Le Rouge et le Noir" de Stendhal, ou encore à Emma Bovary et son romantisme exacerbé dans "Madame Bovary" de Flaubert. Il faut donc s'interroger : comment fabriquer un personnage crédible ?

La première qualité à développer, pour toute personne qui se lance dans une démarche d'écriture, est celle de l'observation du monde qui l'entoure. Cette technique n'est d'ailleurs pas spécifique à l'écriture, elle est également utilisée dans le théâtre pour les acteurs, dans le dessin ou la sculpture pour les artistes des arts figuratifs. Bref, tous ceux qui ont vocation à recréer la vie dans l'art... Il s'agit de développer un état d'esprit permanent pour observer les gens qui évoluent autour de nous. Ce peut être des amis ou la famille, ou tout simplement les personnes qui déambulent dans les rues ou qui se rencontrent aux restaurants. Il faut observer leurs attitudes corporelles et essayer de deviner leur état d'esprit, leur caractère... Tant que faire se peut, n'hésitez pas à vous observer vous-même et à essayer de comprendre comment votre propre caractère peut vous jouer des tours ! Ecrire, c'est avant tout tenter de comprendre le monde.

Une fois ce travail d'observation réalisé, la méthode consiste à se donner une liste des choses impossibles à réaliser pour la personne qu'on a observée. Cela permet de mieux dessiner sa personnalité et de vérifier la compréhension qu'on a d'elle. Parfois, lorsqu'on se retrouve dans une impasse de scénario, il suffit de trouver une action impossible à réaliser pour un personnage et de créer une situation dans laquelle il est contraint de la faire. Ce dilemme cornélien est un bon moteur pour débloquer une histoire ou pour ajouter des péripéties intermédiaires. Pour bien comprendre ce mécanisme, il faut donc commencer par observer autour de soi afin de conserver la crédibilité du personnage.

En conclusion, le petit exercice de cette semaine sera de réaliser des petites descriptions de personnes autour de vous en dressant leurs principaux traits de caractères et en essayant d'y associer des situations impossibles à vivre pour elles.

Bonne observation!

Romain

lundi 4 septembre 2017

Impossible de le solatier pour la rentrée! #MotDisparu

C'est la rentrée des classes et nombre d'enfants vont aujourd'hui découvrir l'école. Nouvel endroit, nouveaux amis à découvrir, nouvelles habitudes à prendre... Autant de sources d'angoisse devant cet univers inconnu rend ces enfants peu enclin à y aller... Difficile de les solatier, c'est-à-dire de les divertir ou de les consoler. Ce vieux mot tombé en totale désuétude contient deux acceptions qui sont les deux faces de la même pièce, celle de la sympathie... En effet, pour consoler, souvent on tente de divertir. Si vous n'aimez pas la sonorité de solatier, sachez que vous pouvez également utiliser solacier.

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Cette semaine, racontez-nous comment vous avez réussi à placer le verbe "solatier" dans vos conversations courantes (ou vos tweets)... et envoyez-nous tous les termes surannés rencontrés que vous souhaitez voir apparaître dans cette rubrique! C'est un challenge, mais aussi un plaisir, pour nous de construire des textes avec des mots inusités (ou presque)!

L'équipe des Editions Secrètes

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