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lundi 19 février 2018

Les fake news sont un signe de malévolence #MotDisparu

Les fake news sont un fléau de notre temps. Elles ont toujours existé, néanmoins la parole de ceux qui les propagent est amplifiée par les réseaux sociaux. La crédulité et l'inculture de ceux qui les relaient les rendent aujourd'hui bien plus dangereuses qu'elles n'ont pu l'être auparavant. Les informations ne sont pas vérifiées, comme le faisaient les journalistes dont le métier étaient de corroborer l'information, avant d'être publiées. Dans notre nouveau monde de l'information, l'immédiateté prime sur la réflexion. De plus, les réseaux sociaux fonctionnent sur une chaîne de confiance où on diffuse une information en raison des liens de confiance qu'on entretient avec une personne. Néanmoins, à la base de cette chaîne, personne ne vérifie l'information. Ainsi, n'importe quelle théorie, aussi idiote soit-elle, peut prendre son envol. A cela s'ajoute le caractère naturel de la paresse qui fait diffuser des informations sur la base d'un titre, sans que le contenu de l'article ne soit lu... Bref, ce signe de l'émergence des fake news est clairement un signe de malévolence à l'égard de tous. La malévolence est un terme ancien qui est synonyme de malveillance, mais peut-être en aviez-vous déduit son sens...

Nous attendons avec impatience vos phrases, paragraphes, textes, nouvelles, romans ou sagas utilisant ce terme. Vous pouvez les mettre soit en commentaire sous ce billet, soit en mettant le lien vers la page de votre site internet ou de votre blog où vous avez rédigé le texte. Les références Twitter sont également les bienvenues.

Cette semaine, racontez-nous comment vous avez réussi à placer le mot "malévolence" dans vos conversations courantes (ou vos tweets)... et envoyez-nous tous les termes surannés rencontrés que vous souhaitez voir apparaître dans cette rubrique! C'est un challenge, mais aussi un plaisir, pour nous de construire des textes avec des mots inusités (ou presque)!

L'équipe des Editions Secrètes

lundi 12 février 2018

Pour la Saint-Valentin, pensez au petit cadeau pour encapricher l'amour de votre vie (ou du moment...) #MotDisparu #écriturecontrainte2018

La Saint-Valentin, fête traditionnelle entre les amoureux, permet ce rappel important qu'une relation amoureuse s'entretient. Il n'y a pas d'amour éternel, sauf peut-être celui de Tristan et Yseult... Et c'est à cet instant très précis de notre texte qu'il nous semble important de vous dévoiler le sens de notre mot rare : encapricher. Ce verbe signifie rendre amoureux. Dès lors, avec ce nouveau mot dans votre vocabulaire, vous n'aurez plus d'excuse de ne pas vous occuper de votre relation amoureuse... Rendre amoureux, ce n'est pas uniquement faire tomber amoureux, mais également réaliser ces petites attentions qui font craquer l'autre et lui rappellent à quel point il (elle) est important(e) pour nous. A défaut de le faire tous les jours, profitez du 14 février pour encapricher un petit peu plus votre partenaire.

PS pour @Popinsetcris (les visiteurs non concernés sont priés de ne pas lire ce qui suit en raison de son caractère personnel) proposition d'une #écriturecontrainte2018 spéciale "amoureux" : bacchanaliser, énamourer, encapricher, naqueter, la machinule, brandiller, la tartitude, bijou et potron-minet.

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Cette semaine, racontez-nous comment vous avez réussi à placer le verbe "encapricher" dans vos conversations courantes (ou vos tweets)... et envoyez-nous tous les termes surannés rencontrés que vous souhaitez voir apparaître dans cette rubrique! C'est un challenge, mais aussi un plaisir, pour nous de construire des textes avec des mots inusités (ou presque)!

L'équipe des Editions Secrètes

lundi 18 décembre 2017

L'hiver s'est installé : n'oubliez pas votre tapabor ! #MotDisparu

Le vent, la neige, le froid vont gagner tout l'hexagone cette semaine. Alors mieux vaut prévoir son "tapabor".

Voilà un terme vieilli particulièrement de circonstance qu'il nous plaît de vous présenter. Le "tapabor", un mot oublié, est une sorte de bonnet, très apprécié en campagne et des marins et pêcheurs, dont on peut rabattre les bords arrière qui couvrent la nuque et les épaules pour se protéger du vent et de la pluie.

Ce terme est la contraction de "taper à bord" qui signifiait "monter à l'abordage".

Ce mot peut aussi s'écrire "tapabord", l'orthographe de César-Pierre Richelet et de Pierre Corneille. "Tapabor" est l'orthographe d'Antoine Furetière et de l'Académie.

Mais avec ou sans "d", peu importe : pourvu qu'il protège. Certes, vous ne serez peut-être pas très sexy, mais le porter évitera l'engourdissement de votre nuque et de vos épaules.

Alors, sexy ou pas, ne vous laissez pas surprendre par le froid : cette semaine, portez un « tapabor » !

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L'équipe des Editions Secrètes

mardi 12 décembre 2017

Le laboratoire d'écriture : construire un scénario #MardiConseil

Le scénario est un élément qui peut paraître fondamental dans un ouvrage... Et pourtant, résumé en quelques phrases, peu de scénarios sont vraiment originaux. Que ce soit une histoire d'amour ou une quête pour sauver le monde, en définitive, qui n'a pas déjà écrit une histoire qui raconte, peu ou prou, la même chose?... Cela peut avoir un côté désespérant et bon nombre de tentatives littéraires meurent avant même d'avoir été écrites, faute d'originalité.

Pourtant, raconter une énième histoire d'amour peut permettre d'y découvrir de nouveaux aspects, pour peu qu'on porte un peu d'attention à la manière dont se déroule le scénario. C'est l'histoire d'un homme qui rencontre une femme. Dès le premier regard, ils tombent amoureux. Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants. Une telle histoire n'intéresse personne. Le bonheur, en premier lieu, ne doit pas être offert aux personnages. Il faut laisser ça à la vraie vie... Au contraire, il faut promettre le bonheur aux personnages, mais les empêcher de l'obtenir... Tout au moins dans un premier temps.

C'est l'histoire d'un homme qui rencontre une femme. A ce moment-là, il faut créer une situation de vie qui rend précaire et impossible une rencontre amoureuse. Se rendant à l'enterrement de son grand-père, de l'autre côté de la rue, il la voit qui marche à vive allure. Après avoir éveillé l'attention du lecteur, on peut sortir de la scène... Le personnage repense à des souvenirs de vacances. Un vieil amour, une petite jeune fille à laquelle il n'a jamais osé avouer ses sentiments lui revient en mémoire... Il sort de sa rêverie. Et si c'était elle ? Lorsqu'il reprit ses esprits, elle avait disparu. Il suivait le cortège funéraire, lentement.

Ainsi, les allées et venues dans l'esprit du personnage sont autant de moyens de nous le faire connaître, tout en rythmant l'écriture. En développant bien, on peut même en faire des chapitres complets et cette simple scène peut devenir une histoire à part entière. Dans tous les cas, il est important dans un ouvrage d'avoir une structure de scénario non linéaire. Si le fil du temps s'écoule, et que les évènements se suivent dans l'ordre, sans flash-back, sans prise de conscience, sans hésitation de la part des personnages : l'histoire restera pauvre et peu intéressante.

Ce qui intriguera et captivera un lecteur, c'est le fait que sa curiosité sera titillée. Peu nombreux sont les lecteurs qui ne souhaitent pas être bousculés dans le déroulement de l'histoire. Même si ce que vous avez prévu de raconter est linéaire : désorganisez votre récit au moment de le dérouler. Vos lecteurs n'en seront que plus satisfaits!

Romain

lundi 20 novembre 2017

La nuit tous les rodilardus sont gris. #MotDisparu

"Rodilardu" est un nom masculin qui était utilisé il y a très longtemps pour désigner un chat. Ce terme est complètement tombé en désuétude, même s'il ne manque pas de charme... L'expression "la nuit, tous les chats sont gris" est un proverbe classique qui désigne que, dans une situation confuse, il ne faut pas tirer de conclusion hâtive. Elle est une excellente occasion d'utiliser à nouveau ce mot. En effet, en l'entendant, chacun reconnaîtra le proverbe mais aura, dans le même temps, un doute sur cette reconnaissance intuitive... Cette réaction est très exactement le conseil donné par le proverbe. CQFD.

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L'équipe des Editions Secrètes

mardi 7 novembre 2017

Le laboratoire d'écriture : un monde structuré et cohérent #MardiConseil

Il est important, dans un récit, que le monde offert aux lecteurs soit cohérent. Le genre détermine cette cohérence mais, en aucun cas, ne permet de limiter cette dernière. En effet, nos esprits sont prompts à modéliser des univers et, bien avant que l'écrivain nous donne les clés de ce dernier, ils en façonnent inconsciemment les contours au fur et à mesure de la lecture.

Ainsi, le genre du récit va déterminer ce que nous sommes prêts à accepter, en qualité de lecteur, dans un univers quel qu'il soit. Si l'action se déroule dans notre univers physique, l'intervention tardive d'un élément fantastique générera une interrogation au lecteur sur son caractère crédible. De même, si vous écrivez à une période historique particulière, il est important de se documenter correctement sur les éléments de vie de ce temps-là. Aviez-vous déjà pris conscience qu'en lisant Balzac vous étiez totalement plongé dans le XIXème siècle ? Les éléments du décor, les objets utilisés, l'importance que ces derniers revêtent pour les personnages, leur mode de transport ou leur nourriture doivent refléter leur monde... A défaut, ce dernier ne sera pas vraisemblable et vous perdrez une bonne partie de vos lecteurs.

La solution qui peut paraître la plus simple est celle d'inventer un nouveau monde. Détrompez-vous! Tout univers a ses propres contraintes physiques, matérielles et technologiques. Au fur et à mesure de la lecture, votre lecteur va reconstituer de manière inconsciente votre monde. Il peut trouver des "failles" dans la logique de ce dernier. Le plus grand écueil est celui où le scénario ne colle pas avec l'univers. Votre personnage, dans un monde de haute technologie, est poursuivi par la police. Il court dans des ruelles et arrivent à semer les policiers qui le poursuivent. De multiples questions surgiront dans l'esprit du lecteur : comment la police peut-elle le perdre de vue alors qu'il y a des caméras de surveillance partout ? Pourquoi les drones n'ont-ils pas participé à la poursuite ? Pourquoi les policiers n'étaient-ils pas équipés d'arme permettant d'intercepter à distance la personne ?... Bref, ce flot de questions doit être anticipé.

Ainsi, placer son récit dans un nouvel univers est le gage d'un travail délicat de construction afin que ce dernier reste cohérent, c'est-à-dire crédible pour le lecteur. Lire des livres de jeux de rôle peut aider à comprendre comment construire un environnement complet. En effet, ces derniers proposent des mondes structurés en en détaillant les règles de fonctionnement à tout niveau (physique, légal, matériel, vie...). Avant d'entamer toute histoire, il apparaît important de se documenter ou de créer cette documentation. Cela représente un travail non négligeable, mais qui peut être source d'inspiration pour les scénarios à venir...

Romain

mardi 24 octobre 2017

Le laboratoire d'écriture : L'atmosphère d'un lieu #MardiConseil

Les personnages d'une histoire évoluent dans un environnement et l'écrivain doit retranscrire l'atmosphère qui en résulte, ainsi qu'en décrire les détails. Etonnamment, ce ne sont pas les descriptions les plus précises qui sont les plus efficaces parfois. Une simple suggestion peut agir en profondeur sur l'esprit du lecteur et lui laisser le sentiment de connaître un endroit. Par exemple, la maison où est née Marguerite Yourcenar est décrite tout en surface. On comprend pourtant que c'était une maison simple et traditionnelle dans sa conception.

La maison où se passait cet évènement, puisque toute naissance en est un pour le père et la mère et quelques personnes qui leur tiennent de près, se trouvait située au numéro 193 de l'avenue Louise, et a disparu il y a une quinzaine d'années, dévorée par un building. (Marguerite Yourcenar, Souvenirs pieux)

Le style peut aussi être plus imagé et nous conduire ainsi à une description plus précise. Un bon écrivain sait changer sa manière de décrire les choses en fonction de l'intention qu'il souhaite mettre en oeuvre dans le texte. Toujours dans le même ouvrage, une autre description, d'un tout autre style :

La route est la même que celle du matin, mais la froide et venteuse fin de journée semble avoir changé le paysage. Les arbres, tantôt si beaux sous leur parure d'or, ne sont plus que des mendiants à qui la bise qui souffle maintenant par saccades arrache leurs derniers haillons. L'ombre des nuages assombrit les champs. (Marguerite Yourcenar, Souvenirs pieux)

La description peut être réalisée par le héros plutôt que par un narrateur extérieur. Il n'y a pas de règle. Seule l'intention compte. Le sentiment d'être pris au piège par un personnage est exacerbé par sa vision des lieux.

Il n'y avait pas de porte donnant sur l'extérieur. J'étais enfermé comme une abeille dans un coffre-fort. Par la fenêtre, je ne voyais que d'épais barreaux de fer et le reflet dans les vitres de ma propre silhouette. Un petit escalier raide menait à une soupente où je ne trouvai qu'un vieux lit de fer et quelques malles de bouquins ; c'est tout ce qui restait des paradis artificiels, c'était toute la réalité matérielle de cette fantasmagorie. Là aussi, la lucarne était solidement grillagée. Dehors, il faisait nuit noire. (René Daumal, La grande beuverie)

La description d'un lieu, outre l'atmosphère donnée à une histoire, est un bon moyen d'emmener le lecteur plus loin dans ses rêves. Cela ralentit le rythme de la lecture sans que le récit n'en pâtisse réellement si on intègre des éléments qui attisent la curiosité du lecteur (qu'on rassasiera plus tard) ou qui répondent à des questions qu'on aura préalablement déposées (discrètement) dans l'esprit du lecteur...

Bonne écriture!

Romain

lundi 23 octobre 2017

Le panestier et le pain-d'épicier, deux artisans du domaine panaire, qui nous accompagnent à table #MotDisparu

Sur la table, on trouve du pain. Celui qui le fabrique, le boulanger, avait autrefois un nom sympathique : le panestier. Il existait aussi un autre nom pour celui qui, de manière particulière, fait le pain d'épice : le pain-d'épicier. L'adjectif qui les relie au monde du pain est panaire. Voilà bien du beau vocabulaire pour saluer votre panestier (ou panestière) préféré!

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mardi 10 octobre 2017

Le laboratoire d'écriture : travailler son style #MardiConseil

Le style des écrivains est une formule qui revêt bien des significations en fonction de ceux qui emploient cette expression. Il reflète parfois le genre littéraire : comique, fantastique, absurde, sentimental... Il s'agit là d'une confusion. Le style est la manière dont s'exprime un auteur, c'est-à-dire comment il choisit d'exprimer ses idées, à savoir son vocabulaire et la forme de ces phrases. Le style est la signature d'un écrivain. Son écriture porte la marque de sa personnalité. Le plus simple est de comparer, pour illustration, quelques styles très différents. Les auteurs sont ici choisis pour leur style très contrasté et si caractéristique :

"La tête de Raphaël était devenue livide et creuse comme un crâne arraché aux profondeurs d'un cimetière pour servir aux études de quelque savant. Pauline se souvenait de l'exclamation échappée la veille à Valentin, et se dit à elle-même : Oui, il y a des abîmes que l'amour ne peut pas traverser, mais il doit s'y ensevelir. " (Balzac, La peau de chagrin)

Balzac fait souvent de longues phrases, aux constructions parfois complexes. Ce style d'écriture, assez élaborée, se retrouve souvent dans la littérature du XIXème siècle. Le XXème siècle a vu le style être bouleversé par un auteur qui y a introduit des éléments de langage parlé et un vocabulaire moins conventionnel que celui habituellement rencontré dans la littérature. Il s'agit de Céline.

Lui une seule idée, je savais, il était en retard, son retour!... voici!... donc ça y était... je laisse les autres ficeler, consolider l'édifice... ils étaient je vous ai dit bien trente... cinquante... qu'allaient pousser... et je crois au moins cinq kilomètres à travers Hanovre... les autres qui restaient... plein les plates-formes semblaient pas contents... du tout!... que même ils nous insultaient... (Céline, Rigodon)

On peut comparer ce style très parlé de Céline avec celui, très littéraire, de Marguerite Yourcenar, sa contemporaine, où les mots semblent se combiner entre eux de telle manière qu'on a la sensation de voir apparaître la phrase qui attendait d'être révélée au lecteur :

Dès les premiers temps de leur vie en commun, il s'était choqué de l'entendre dire, comme il lui proposait d'essayer encore une spécialité du Café Riche : "Mais pourquoi? Il reste des légumes." Aimant jouir du moment, quel qu'il fût, il vit là une manière de rechigner à un plaisir qui s'offrait, ou peut-être, ce qu'il détestait le plus au monde, une parcimonie inculquée par une éducation petite-bourgeoise. Il se trompait en ne percevant pas chez Fernande des velléités d'ascétisme. Le fait reste que, même pour les moins gourmets, les moins gourmands ou les moins goinfres, vivre ensemble c'est en partie manger ensemble. Monsieur et Madame de C. n'étaient pas bons partenaires à table. (Marguerite Yourcenar, Souvenirs pieux)

Comment travailler son style ? En lisant, en lisant beaucoup, uniquement des auteurs français, de styles différents, de toutes les époques. Chacun des écrivains crée une musique particulière dans l'esprit. L'histoire importe parfois peu, ce qui compte, c'est surtout comment on la raconte. A force de côtoyer des styles variés, on apprend à les aimer mieux, à les comprendre. L'école de l'écriture, c'est avant tout la littérature.

Bonne lecture!

Romain


lundi 9 octobre 2017

Aujourd'hui, le ciel semble prêt à flochoter #MotDisparu

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L'été est terminé. L'automne s'intalle avec ses douces couleurs, sa luminosité si particulière... et progressivement, de gros nuages, parfois, traversent le ciel. La nature semble alors s'endormir. Les oiseaux se taisent. Le temps est suspendu. Tout est comme dans un cocon. Ces nuages donnent l'illusion de vouloir laisser tomber quelques flocons de neige sur nous. Et pourtant, en automne, le temps est trop doux pour que la nature se pare de neige. Ce n'est pas encore le moment de "flochoter". Voilà un bien joli mot, rare, disparu, pour décrire ce qui "tombe à flocons", c'est-à-dire "neiger".

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