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mardi 7 février 2017

"La bête humaine", Emile Zola #Chronique #MardiConseil

Titre La bête humaine
Auteur Emile Zola

Emile Zola, grand auteur français, dont le nom semble lié à une forme littéraire qu'est le réalisme sociologique. J'avais lu Germinal que je n'avais pas particulièrement apprécié... N'étant pas trop attiré par l'histoire à l'époque de ma lecture de ce livre, j'avais trouvé que l'œuvre était trop liée à son temps pour pouvoir les traverser. Expérience malheureuse qui m'a fait délaisser Zola pendant de très nombreuses années. Par un hasard de la vie, je me retrouve avec la Bête humaine entre les mains, pour "essayer" encore...

Dès les premières pages, je suis captivé par la structure des paragraphes qui font monter une intensité dramatique, qui sera permanente tout au long de l'ouvrage! Rarement je n'ai eu l'occasion de lire un livre si bien construit où l'auteur emmène le lecteur, sans lui demander son avis, là où il veut.

Outre les qualités d'écriture qui m'ont totalement réconcilié avec Zola, l'histoire est en elle-même passionnante : amour sauvage, passion, meurtre, machination. Tout est présent pour faire de ce roman un chef d’œuvre. Un livre profondément humain - qui sait montrer la face animale des hommes. Si vous souhaitez vous plonger dans les délices d'un meurtre et de la machinerie judiciaire du dix-neuvième siècle, n'hésitez pas!

J'ai été conquis alors que j'avais pris ce livre avec des a priori négatifs. Impossible de résister aux charmes de la "Bête humaine"...

Romain

mardi 29 mars 2016

"L'Assommoir" Emile Zola #chronique

Titre: L'Assommoir
Auteur: Emile Zola
Publication: 1877

Ce roman de Zola m'a plongé dans un univers auquel je ne m'attendais pas. Le titre, en lui-même, ne m'évoquait rien. Puis, pendant la lecture, de manière insidieuse, j'ai commencé à percevoir ce qu'il signifiait. En fait, l'Assommoir est un monstre qui se matérialise sous la forme d'un alambic. C'est le pouvoir destructeur de l'alcool sur les êtres qui n'ont comme seul loisir que celui de boire. De fait, "l'Assommoir" est un roman noir. Les personnages sont pris dans un piège qui les dépasse et rien n'arrêtera leur folie. Ce roman est une tragédie : implacable, inéluctable, sans espoir.

Au milieu de cet univers sombre, comme un papillon qui vole au milieu d'un champ de ruines, on entend résonner des rires d'enfants. Par petites touches, Zola nous montre qu'on peut être heureux, malgré tout, dans la misère. Mais chaque note de couleur semble être posée par l'écrivain pour mieux faire ressortir la noirceur du reste.

Dès sa sortie, cet ouvrage fit scandale. On reprocha à Emile Zola de montrer la vie des ouvriers d'un point de vue trop "cru." Une polémique importante est née : dans les deux principaux camps politiques, ce ne sont que reproches et insultes à l'égard de l'écrivain. A tel point que l'ouvrage finira par être interdit temporairement par le procureur de la république de Melun.

Ce livre est devenu un classique de la littérature française. Bien écrit, passionnant, laissez-vous emporter par une réalité forte, celle du monde ouvrier du XIXème siècle, et vous entendrez vos émotions chanter au rythme des vicissitudes rencontrées par les personnages.

Bonne lecture!

Romain

mardi 3 novembre 2015

"Germinal", Emile Zola #chronique

Germinal est paru en 1885, il est le 13ème roman de la série des Rougon-Macquart. Etienne Lantier, le héros est sans travail. Il a giflé son patron et, sans autre choix possible, part dans le Nord pour être embauché dans les mines de charbon. Il découvre les conditions effroyables de travail. Et comme un beau roman ne le serait pas sans un fond d'histoire d'amour, il tombe amoureux de Catherine. Un amour impossible, semble-t-il.

Il s'agit d'un roman naturaliste. C'est en pleine envolée des actions minières que Zola décrit le capitalisme charbonnier dans le Nord. Alors que les patrons décident de baisser les salaires, les ouvriers luttent et rêvent d'une société plus égalitaire. C'est l'histoire de combats acharnés, violents et sans concession contre une société injuste. Et qu'a-t-on à perdre quand on n'a plus rien : rien. Les ouvriers se retrouvent face aux soldats et... Ce roman n'est pas sans rappeler les grands mouvements de l'histoire qui ont fait avancer les droits. Il est évidemment à conseiller à tous, que ce soit pour se replonger dans ce que fut le monde du capitalisme à ses prémisses ou pour faire découvrir aux jeunes générations que le monde dans lequel ils vivent n'a pas toujours été aussi "confortable."

Aujourd'hui, le bassin minier, théâtre du livre, est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Quel meilleur hommage, et je pèse ce mot pour cet homme, écrivain, journaliste et politique engagé. Un homme de tous les combats, celui de l'affaire Dreyfus, admirable et, faut-il le préciser, que j'admire.

Natalie

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mardi 15 septembre 2015

"Thérèse Raquin" d'Emile Zola

Titre: Thérèse Raquin

Auteur: Emile Zola

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N’avez-vous jamais eu cette impression étrange d’être observé(e) ? Qu’après avoir fait quelque chose de mal, une sensation de mal être vous tenaille au plus profond de vous ? Et bien, Emile Zola décrit à merveille ce sentiment de culpabilité dans son œuvre « Thérèse Raquin ».

L’héroïne, si nous pouvons l’appeler ainsi, est une jeune femme que la vie n’a pas gâtée. En effet, après avoir perdu ses parents, elle est accueillie dans la famille de madame Raquin dont le fils, Camille, deviendra son époux. Toute la vie de Thérèse est déjà tracée. Lasse de cette monotonie, elle rencontre un jour Laurent. La passion les anime et ils envisagent de partager le reste de leur existence ensemble. Cependant, il leur est impossible de vivre pleinement leur amour tant que Camille existe. Comment vont-ils s' y prendre? Ensemble, Thérèse et Laurent prennent une décision qui bouleversera à jamais leur vie et leur relation.

Dans ce huit-clos magnifiquement orchestré par Zola, ce dernier décrit l’état psychologique de chaque personnage. Ici, la psychose est bien menée. Plus on avance dans la lecture, plus la sensation de malaise augmente. Souvenez-vous de cette description infâme du Pont-Neuf et puis la manière dont Zola nous emmène dans l’univers de son ouvrage à l'aide de descriptions sordides.

Ici, l’auteur nous entraîne dans une descente aux enfers de la morale humaine. Il suit la théorie de Shopenhauer selon laquelle les Hommes sont uniquement guidés par leurs désirs sans qu’aucune autre force ne puisse exister. L’ambiance étrange qui plane dans cet ouvrage est ce qui m’a le plus marquée. Zola manie l'art de nous mettre mal à l'aise avec l'histoire. Dans la lignée des « Rougon-Macquart », nous sommes face à une réalité crue sans artifice.

Bonne lecture !

Pauline