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jeudi 20 avril 2017

Citation du jeudi #Citation

"Les gouvernements suspectent la littérature parce qu’elle est une force qui leur échappe." Emile Zola #Citation

mardi 7 mars 2017

"Alexis ou le Traité du vain combat" Marguerite Yourcenar #Chronique #MardiConseil

Titre : Alexis ou le Traité du vain combat
Auteur : Marguerite Yourcenar
Date de la première parution : 1929

Ce petit roman de Marguerite Yourcenar est l'un de ses premiers écrits. Il est rédigé sous la forme d'une longue lettre. Alexis explique à sa femme les raisons qui le poussent à rompre avec elle. Ce roman, très psychologique, traduit avec une sensibilité rare et une écriture particulièrement ciselée tout le mal-être qui peut habiter un homme dont les penchants sont à l'encontre de ce qui serait convenable pour l'ordre social et "naturel" des choses.

Rédigée sous forme d'une longue confession qui n'ose s'exprimer clairement, on est touché par les formes et les précautions prises par cet homme qui voudrait être sincère avec sa femme, qui n'y arrive pas malgré tout, qui ressent le besoin d'exprimer ce qu'il éprouve sans jamais se libérer pleinement. Dans toute cette retenue, qu'on ne sait attribuer à la pression sociale, au regard de l'autre ou à une forme de gêne personnelle intérieure, s'écoulent des sentiments complexes et contrastés. Il fallait tout le talent d'écriture de Marguerite Yourcenar pour savoir traduire en mots ce qui est de l'ordre du trouble dans l'esprit et le cœur du héros.

C'est un livre que je conseille à tous les amateurs de drame psychologique.

Bonne lecture !

Romain

jeudi 26 janvier 2017

Citation du jeudi #Citation

"Il ne faut pas toucher aux idoles : la dorure en reste aux mains." Gustave Flaubert #Citation

samedi 12 novembre 2016

Sélection de l'appel à textes "Hiver"

Sur les 137 textes reçus, 18 ont été sélectionnés pour faire partie du futur recueil "Hiver".

La sélection a été très difficile car le niveau général des nouvelles était d'une très bonne qualité d'écriture. Etonnamment, plusieurs thèmes ou idées ont été retrouvés dans plusieurs textes. Nous avons cherché, dans ce cas, à n'en conserver qu'un seul exploitant ledit thème sur les critères à la fois de l'originalité scénaristique et de la qualité d'écriture.

La sélection a pris plus de temps que prévu et nous vous prions de nous excuser pour ce silence. Chaque texte a été au moins lu par trois personnes différentes et la confrontation des points de vue a parfois été âpre.... Nous avions initialement prévu de ne choisir que 15 textes. Compte tenu de l'extrême qualité de ces derniers, nous avons étendu la sélection à 18 nouvelles.

Voici la liste des personnes et du titre sélectionnés :

  • Laure Allard d'Adesky "Réveillon en famille";
  • Jean-Yves Barzic "Mamzelle Cacao";
  • Jérôme Beauvisage "Quelques degrés de coïncidences en moins";
  • Alexandra Gasiglia "Gare aux loups";
  • Olivier Boile "Hartush le dernier mâle";
  • Antoine Bouvier "Le Lilas de Noël";
  • Barnett Chevin "Sous un ciel terne";
  • Paul Clément "Voyage au bout de l'hiver";
  • Eva Dezulier "Jardin d'hiver";
  • Vincent Figari "Le parc";
  • W. Éric Lionel Ilboudo "Le grand hiver";
  • Dany Lecènes "L'hiver partout, partout l'hiver";
  • Franck Leduc "99 voyages en barque";
  • Martin Mutz "Ragnarök";
  • Murphy Myers "La petite fille dans la neige";
  • K. Sangil "L’étage Nival";
  • Eddie Verrier "Rendez-vous manqué";
  • Catherine Robert "Neige rouge";

Chacun des auteurs sélectionnés sera individuellement contacté par email pour la suite de l'aventure.

Merci à tous, que vous ayez été sélectionné(e) ou non, pour votre participation!

Bon week-end

L'équipe

mardi 8 novembre 2016

"Les mots" de Jean-Paul Sartre #Chronique #MardiConseil

Titre : Les mots
Auteur : Jean-Paul Sartre

Ce livre est un roman autobiographique. Dans l'expression même, la contradiction surgit : comment un roman peut-il en même temps être autobiographique ? Cette question est restée longtemps présente dans mon esprit. Non pas que je sois fermé, mais le terme roman évoque évidemment la fiction alors que l'autobiographie, c'est la réalité. Comment mêler les deux ? Mystère... En fait, le roman autobiographique est l'histoire de la vie de son auteur, légèrement romancée, c'est-à-dire qui tait ce qui ne doit pas être dévoilé et raconte, parfois avec un peu plus d'emphase, ce qui a été.

Ce roman - nommons-le de cette manière - retrace les premières années du petit Jean-Paul Sartre. Il dévoile comment les livres représentaient une source de fascination et comment, peu à peu, il les a apprivoisés. Ensuite, c'est l'écriture qui apparaît dans son existence et sa vocation d'écrivain qui se révèle à lui-même. Les luttes intérieures pour se détacher de l'idéal romantique de l'artiste, de celui qui écrit, de l'intellectuel... L'objectif était, pour lui, de se réaliser à travers l'écriture.

J'avais trouvé ma religion : rien ne me parut plus important qu'un livre.

Ce cheminement d'un enfant est retracé avec l'écriture habile d'un homme de lettres accompli. La narration est fluide : les sentiments et les émotions sont ciselés. On "sent" l'évolution de l'enfant malgré le regard impitoyable que lui porte son aîné. Il y a un effet saisissant de perspective qui prend le lecteur en otage. Au-delà du caractère voyeur de l'ouvrage, qui nous conduit dans l'antichambre d'un des plus grands esprits du XXème siècle, cet ouvrage permet de comprendre, peut-être un peu mieux, comment on devient écrivain.

Longtemps j'ai pris ma plume pour une épée : à présent je connais notre impuissance.

Bonne lecture!

Romain

mardi 1 novembre 2016

"La symphonie pastorale" d'André Gide #chronique #MardiConseil

Titre : La symphonie pastorale
Auteur : André Gide

"La symphonie pastorale" est un petit roman d'une grande sensibilité. Le style étant fluide et alerte, la lecture est très agréable et on se laisse emporter rapidement dans cet univers teinté de poésie. Néanmoins, il s'agit d'un drame qui prend sa source dans les tragédies grecques.

Gertude, jeune fille orpheline et aveugle, est recueillie par un pasteur et sa famille. Il l'éduque, mais il en tombe amoureux... Il en est de même de son fils, Jacques, que le père éloignera de la famille pour ce motif. Il y a donc un conflit moral important dans cette histoire : la morale chrétienne reste omniprésente et pèse sur tous les personnages comme un couvercle qui les empêche de s'échapper.

J'ai trouvé dans ce livre, dans cette hisoire et chez chacun des personnages, beaucoup d'émotions et de sentiments. L'écriture n'est pas mélodramatique et, à un aucun moment, l'auteur ne cède à la facilité du romantisme et du sentimentalisme. Je ne peux que vous en conseiller la lecture!

Romain

mardi 4 octobre 2016

"Boule de Suif" de Guy de Maupassant #chronique #MardiConseil

Titre : Boule de Suif

Auteur : Guy de Maupassant

1870, en pleine guerre prussienne. Dix personnes fuient la ville de Rouen, prise d'assaut par les soldats prussiens. Elisabeth Rousset, prostituée nommée "Boule-de-Suif" à cause de son embonpoint, donne de sa personne pour sauver les autres voyageurs lors de leur périple. Jusque-là me direz-vous, rien d'extraordinaire, et pourtant! Bien que de riches personnes voyagent dans cette diligence, seule la bonté d'Elisabeth les sauvera!

Dans la lignée de l'excellente Comédie Humaine de Balzac, Maupassant ne manque pas d’ingéniosité pour brosser un portait de ses contemporains et de l'humanité en général. Chaque personne présente dans ce carrosse représente un milieu social bien défini. Le huit-clos de la diligence fait ressortir le côté sombre des bourgeois présents : l'hypocrisie, la cupidité et les préjugés.

Dans un style limpide et juste, l'auteur grossit les traits de la bassesse humaine. L'amour, la morale et la décence de l'époque dans le milieu bourgeois sont tout aussi bien décrits. Symbole de l'immoralité, "Boule-de-Suif" est aux antipodes de ce qu'elle est censée représenter dans la société. Elle est à l'image de ses rondeurs : extrêmement généreuse. La respectabilité et la noblesse ne sont pas toujours là où on l'imagine, semble nous souffler Maupassant. Cependant, la noirceur de certains portraits ne doit pourtant pas masquer le côté ironique et jubilatoire de cette œuvre.

J'ai lu ce roman au lycée mais je n'avais pas encore un recul nécessaire pour comprendre certains éléments. J'ai pu à présent savourer cette œuvre qui, j'avoue, m'a fait réagir. En effet, bien que l'intrigue se situe au XIXe siècle, les thèmes abordés sont toujours d'actualité.

Je vous souhaite une bonne lecture !

Pauline

mardi 5 juillet 2016

"Les lettres persanes" - Montesquieu #Chronique

Titre Les lettres persanes
Auteur Montesquieu
Date de la première parution 1721

Beaucoup d'ouvrages "classiques" sont devenus des icônes de la littérature. Certains en raison de leur intemporalité, d'autres en raison de leurs critiques sociales ou politiques d'une certaine époque. "Les lettres persanes" est un ouvrage à part : il réunit ces deux qualités. Néanmoins, pour le lecteur moderne, le curseur s'est déplacé et nos centres d'intérêts ont divergé du lecteur de l'époque. On lit aujourd'hui les lettres persanes, d'abord pour ce style merveilleusement bien écrit, mais également pour ces mœurs qui nous intriguent, de ces êtres du XVIIIème siècle, qu'ils soient français, italiens ou encore perses.

Usbek est un homme de bonne catégorie sociale et part découvrir le monde. Son existence semble dorée : amis, palais, sérail avec de nombreuses épouses, argent... Tout lui sourit et, pourtant, il se lance dans une aventure téméraire pour mieux connaître le monde. On suivra ses pérégrinations à travers ses échanges épistolaires. Les lettres nous informent de la vie du sérail et de l'importance de l'eunuque dans ce microcosme particulier. En soi, pour cette partie de l'ouvrage, il y a une analyse intéressante à la fois de la psychologie des épouses qui écrivent tour à tour, confrontée au point de vue de l'eunuque qui les "garde."

Un autre aspect intéressant, certainement celui qui a fait la notoriété des "lettres persanes" dès le départ, est celui de la découverte de la société occidentale à travers les yeux de Usbek. Son regard oriental lui permet de décrire cet univers avec une innocence "acide" qui rend toutes les descriptions très particulières. Ceci nous montre en miroir notre propre société...

Enfin, et c'est l'apport le plus important de ce livre me semble-t-il, par ce jeu de la "découverte" auquel nous convie Montesquieu, nous apprenons le relativisme culturel. Cet enseignement peut paraître désuet dans notre monde de tolérance. Toutefois, ce livre questionne notre "tolérance" à l'égard de toute culture. N'est-elle pas plutôt une indifférence née de la facilité à laquelle tout nous est accessible par les nombreuses technologies de notre monde moderne ? En fait, la vraie question est celle de l'émerveillement. Ne sommes-nous pas en train de perdre notre capacité à être surpris par une autre culture ? Le métissage des différentes cultures, processus inéluctable de la globalisation de notre univers, n'est-il pas également un anéantissement de notre capacité à penser "l'étranger" ?

Pour toutes ces raisons, je ne peux que vous recommander cet ouvrage qui reste, malgré son âge, un très beau moment de lecture et une belle leçon d'écriture, si ce n'est de philosophie.

Bonne lecture!

Romain

mardi 7 juin 2016

"Sortilèges et autres contes crépusculaires", Michel de Ghelderode #chronique

Titre: Sortilèges et autres contes crépusculaires
Auteur: Michel de Ghelderode
Première publication: 1947

Ces cris inhumains achevèrent de m'éclairer. Et je criai, vers la mer, ce cimetière intracé :

- Vous n'étiez pas des âmes, il n'y a pour vous ni purgatoire ni limbes, il n'y a pour vous aucune prière possible, puisque vous étiez morts avant toute existence, innocents non procréés et rendus à la cornue, hors toute connaissance, et moins savants qu'une algue... Sans destinée, sans attaches, une secrète attirance vous a menés vers moi, qui suis peut-être comme vous un produit d'amours imperméables, mais qui a trompé ses impudiques auteurs... Adieu!...

Et je tournai le dos à l'horizon marin, recommençant ma fuite, à rebours cette fois...


Michel de Ghelderode est un auteur belge, né dans les Flandres. Son enfance a été bercée par les contes que lui racontait sa mère. Poète, homme de théâtre et conteur, ses talents d'homme de lettres sont variés. Muni d'une imagination puissante, il construit des univers oniriques, souvent baroques et fantastiques, qui font parfois penser aux tableaux de Jérôme Bosch.

Dans ce recueil de douze nouvelles, Michel de Ghelderode interroge l'esprit en le confrontant au surnaturel. Son style et son phrasé saisissent en quelques mots une idée, une émotion ou un lieu. On se laisse emporter par son lyrisme littéraire et ses histoires abracadabrantesques. Partez donc en voyage dans la Belgique brumeuse, aux histoires fantastiques, avec ce petit recueil. Vous ne regretterez pas ce petit détour dans les coins sombres de l'âme.

Bonne lecture!

Romain

jeudi 26 mai 2016

Citation du jeudi #citation

"Trop d'ambition a perdu les plus grands empires." Jules Verne

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