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mardi 12 septembre 2017

Le laboratoire d'écriture : conserver des idées et les faire évoluer #MardiConseil

Trouver une idée intéressante à développer en roman se produit de temps en temps... pour peu qu'on parte à sa recherche. Néanmoins, la retenir et la développer, ce n'est pas toujours chose facile. En effet, lorsque nous sommes occupés à travailler et que l'inspiration vient, impossible d'utiliser cet étincelle qui vient de jaillir! Nous sommes en déplacement et rien pour écrire, nous voici en train de rêvasser à ces différents développements... A refaçonner, refabriquer le scénario et les personnages et puis on arrive à bon port. On retrouve sa vie qu'on avait mise entre parenthèses quelques temps, le temps d'une rêverie, et tout défile à nouveau. Le soir, on s'aperçoit avec dépit que ce magnifique roman est flou dans notre mémoire et qu'il n'en reste que quelques bribes dans le meilleur des cas, voire que tout est oublié!

Pour remédier à ces difficultés, il faut prendre des notes. On ne peut pas se promener toute la journée avec son ordinateur portable sous le bras. Comment faire ? Deux outils très simples sont indispensables : un crayon et un petit carnet. Ainsi, vous pourrez prendre des notes à n'importe quel moment de la journée. Le premier avantage est bien sûr d'avoir une mémoire efficace. Le second, et non des moindres, c'est que les idées, qui vous auront parues extraordinaires au moment où elles auront germé, pourront être réévaluées à l'aune d'un esprit clair. Parfois, vous verrez qu'il faut les abandonner. Le troisième avantage, c'est d'avoir la possibilité de combiner les idées de second rang... Celles qui ne sont pas assez bonnes pour faire un roman mais qui sont suffisamment intéressantes pour faire une scène. Avec un petit carnet à portée de main, vous vous offrez la possibilité d'avoir de l'inspiration quand justement cette dernière vous a abandonné.

Le mythe de l'écrivain qui se met à sa table et qui écrit d'un seul jet un roman a vécu. Aujourd'hui, les prises de notes et les recherches sont les méthodes de travail de ceux qui réussissent. Dans notre monde où tout va vite, seul un petit carnet vous permettra de conserver à bout de crayon les idées qui n'attendront pas que vous soyez à votre table de travail pour venir vous visiter... Par ailleurs, lorsque vous observerez votre environnement, vous pourrez noter une attitude corporelle, une phrase entendue dans la rue ou encore une scène qui vient de se dérouler devant vous. Ces petits éléments vous permettront d'ajouter à votre récit des éléments de réalité.

Soyez constructif et faites du petit carnet votre compagnon inséparable.

Romain

mardi 5 septembre 2017

Le laboratoire d'écriture : l'observation, ou comment touver l'inspiration dans la réalité #MardiConseil

Pour accrocher un lecteur, les personnages doivent une personnalité assez marquée. Il n'est pas toujours simple de fabriquer un héros qui ne soit pas le reflet d'un simple "cliché". Ainsi, l'homme parfait qui rencontre la femme parfaite dans le cadre d'une histoire d'amour parfaite en est le plus parfait exemple... Ce scénario est non seulement inintéressant, mais les personnages le seront d'autant plus qu'ils n'ont aucune rugosité. L'aspect lisse d'un personnage le rendra insipide aux yeux du lecteur. Pour éviter cette situation, il aura un caractère particulier et devra surmonter les difficultés de sa personnalité. Parfois, c'est le caractère en lui-même qui sera le noeud principal de l'histoire. Ainsi, on peut penser à Julien Sorel et son ambition dévorante dans "Le Rouge et le Noir" de Stendhal, ou encore à Emma Bovary et son romantisme exacerbé dans "Madame Bovary" de Flaubert. Il faut donc s'interroger : comment fabriquer un personnage crédible ?

La première qualité à développer, pour toute personne qui se lance dans une démarche d'écriture, est celle de l'observation du monde qui l'entoure. Cette technique n'est d'ailleurs pas spécifique à l'écriture, elle est également utilisée dans le théâtre pour les acteurs, dans le dessin ou la sculpture pour les artistes des arts figuratifs. Bref, tous ceux qui ont vocation à recréer la vie dans l'art... Il s'agit de développer un état d'esprit permanent pour observer les gens qui évoluent autour de nous. Ce peut être des amis ou la famille, ou tout simplement les personnes qui déambulent dans les rues ou qui se rencontrent aux restaurants. Il faut observer leurs attitudes corporelles et essayer de deviner leur état d'esprit, leur caractère... Tant que faire se peut, n'hésitez pas à vous observer vous-même et à essayer de comprendre comment votre propre caractère peut vous jouer des tours ! Ecrire, c'est avant tout tenter de comprendre le monde.

Une fois ce travail d'observation réalisé, la méthode consiste à se donner une liste des choses impossibles à réaliser pour la personne qu'on a observé. Cela permet de mieux dessiner sa personnalité et de vérifier la compréhension qu'on a d'elle. Parfois, lorsqu'on se retrouve dans une impasse de scénario, il suffit de trouver une action impossible à réaliser pour un personnage et de créer une situation dans laquelle il est contraint de la faire. Ce dilemme cornélien est un bon moteur pour débloquer une histoire ou pour ajouter des péripéties intermédiaires. Pour bien comprendre ce mécanisme, il faut donc commencer par observer autour de soi afin de conserver la crédibilité du personnage.

En conclusion, le petit exercice de cette semaine sera de réaliser des petites descriptions de personnes autour de vous en dressant leur principaux traits de caractères et en essayant d'y associer des situations impossibles à vivre pour elles.

Bonne observation!

Romain

mardi 11 juillet 2017

"La communion des guetteurs" arrive en broché! #Chronique

lesguetteurs.jpg

Le Destin frappe à la porte de tout un chacun sous des formes très différentes. Pour Antoine Sénéva, cela prend la forme d'une lettre recommandée. Cette dernière, écrite quelques années auparavant par son oncle décédé depuis dix ans, lui ouvre des portes sur un autre monde, un autre chemin de vie. De coïncidences en événements surprenants, Antoine sera conduit jusqu'à retrouver ses racines spirituelles en Egypte...

Avec une écriture maîtrisée, Roger Pischler nous fait voyager dans le temps et dans l'espace. Ce roman est de ceux qui comptent dans une vie, qui ouvrent des portes sur une autre compréhension du monde, pour permettre à chaque lecteur de trouver le chemin de lui-même. Roman initiatique, "La Communion des Guetteurs" fait partie de ces rares livres qui vivent avec vous et vous accompagnent longtemps après avoir été refermés.

En version brochée, à 15 euros TTC, sur commande dans toutes les librairies. ISBN : 978-2374460024

En version ebook à 3,99 euros TTC sur :

Roger Pischler

Sous son chapeau et ses lunettes en écaille, une silhouette intriguante se profile. Né à Louxor dans les années quarante, d'une mère sicilienne et d'un père français, Roger Pischler est avant tout un citoyen du monde. Le croisement des cultures a fait émerger en lui un profond amour pour l'humain en général. Doté d'un charisme naturel, sa personne est à l'image de son écriture. Il respire la joie et la sagesse. Epicurien et artiste, il vous entraîne dans son monde littéraire où s'entremêlent aventure et réflexions sur la vie, ce qui imprime un caractère initiatique à des textes au ton léger.

jeudi 20 avril 2017

Citation du jeudi #Citation

"Les gouvernements suspectent la littérature parce qu’elle est une force qui leur échappe." Emile Zola #Citation

mardi 7 mars 2017

"Alexis ou le Traité du vain combat" Marguerite Yourcenar #Chronique #MardiConseil

Titre : Alexis ou le Traité du vain combat
Auteur : Marguerite Yourcenar
Date de la première parution : 1929

Ce petit roman de Marguerite Yourcenar est l'un de ses premiers écrits. Il est rédigé sous la forme d'une longue lettre. Alexis explique à sa femme les raisons qui le poussent à rompre avec elle. Ce roman, très psychologique, traduit avec une sensibilité rare et une écriture particulièrement ciselée tout le mal-être qui peut habiter un homme dont les penchants sont à l'encontre de ce qui serait convenable pour l'ordre social et "naturel" des choses.

Rédigée sous forme d'une longue confession qui n'ose s'exprimer clairement, on est touché par les formes et les précautions prises par cet homme qui voudrait être sincère avec sa femme, qui n'y arrive pas malgré tout, qui ressent le besoin d'exprimer ce qu'il éprouve sans jamais se libérer pleinement. Dans toute cette retenue, qu'on ne sait attribuer à la pression sociale, au regard de l'autre ou à une forme de gêne personnelle intérieure, s'écoulent des sentiments complexes et contrastés. Il fallait tout le talent d'écriture de Marguerite Yourcenar pour savoir traduire en mots ce qui est de l'ordre du trouble dans l'esprit et le cœur du héros.

C'est un livre que je conseille à tous les amateurs de drame psychologique.

Bonne lecture !

Romain

jeudi 26 janvier 2017

Citation du jeudi #Citation

"Il ne faut pas toucher aux idoles : la dorure en reste aux mains." Gustave Flaubert #Citation

samedi 12 novembre 2016

Sélection de l'appel à textes "Hiver"

Sur les 137 textes reçus, 18 ont été sélectionnés pour faire partie du futur recueil "Hiver".

La sélection a été très difficile car le niveau général des nouvelles était d'une très bonne qualité d'écriture. Etonnamment, plusieurs thèmes ou idées ont été retrouvés dans plusieurs textes. Nous avons cherché, dans ce cas, à n'en conserver qu'un seul exploitant ledit thème sur les critères à la fois de l'originalité scénaristique et de la qualité d'écriture.

La sélection a pris plus de temps que prévu et nous vous prions de nous excuser pour ce silence. Chaque texte a été au moins lu par trois personnes différentes et la confrontation des points de vue a parfois été âpre.... Nous avions initialement prévu de ne choisir que 15 textes. Compte tenu de l'extrême qualité de ces derniers, nous avons étendu la sélection à 18 nouvelles.

Voici la liste des personnes et du titre sélectionnés :

  • Laure Allard d'Adesky "Réveillon en famille";
  • Jean-Yves Barzic "Mamzelle Cacao";
  • Jérôme Beauvisage "Quelques degrés de coïncidences en moins";
  • Alexandra Gasiglia "Gare aux loups";
  • Olivier Boile "Hartush le dernier mâle";
  • Antoine Bouvier "Le Lilas de Noël";
  • Barnett Chevin "Sous un ciel terne";
  • Paul Clément "Voyage au bout de l'hiver";
  • Eva Dezulier "Jardin d'hiver";
  • Vincent Figari "Le parc";
  • W. Éric Lionel Ilboudo "Le grand hiver";
  • Dany Lecènes "L'hiver partout, partout l'hiver";
  • Franck Leduc "99 voyages en barque";
  • Martin Mutz "Ragnarök";
  • Murphy Myers "La petite fille dans la neige";
  • K. Sangil "L’étage Nival";
  • Eddie Verrier "Rendez-vous manqué";
  • Catherine Robert "Neige rouge";

Chacun des auteurs sélectionnés sera individuellement contacté par email pour la suite de l'aventure.

Merci à tous, que vous ayez été sélectionné(e) ou non, pour votre participation!

Bon week-end

L'équipe

mardi 8 novembre 2016

"Les mots" de Jean-Paul Sartre #Chronique #MardiConseil

Titre : Les mots
Auteur : Jean-Paul Sartre

Ce livre est un roman autobiographique. Dans l'expression même, la contradiction surgit : comment un roman peut-il en même temps être autobiographique ? Cette question est restée longtemps présente dans mon esprit. Non pas que je sois fermé, mais le terme roman évoque évidemment la fiction alors que l'autobiographie, c'est la réalité. Comment mêler les deux ? Mystère... En fait, le roman autobiographique est l'histoire de la vie de son auteur, légèrement romancée, c'est-à-dire qui tait ce qui ne doit pas être dévoilé et raconte, parfois avec un peu plus d'emphase, ce qui a été.

Ce roman - nommons-le de cette manière - retrace les premières années du petit Jean-Paul Sartre. Il dévoile comment les livres représentaient une source de fascination et comment, peu à peu, il les a apprivoisés. Ensuite, c'est l'écriture qui apparaît dans son existence et sa vocation d'écrivain qui se révèle à lui-même. Les luttes intérieures pour se détacher de l'idéal romantique de l'artiste, de celui qui écrit, de l'intellectuel... L'objectif était, pour lui, de se réaliser à travers l'écriture.

J'avais trouvé ma religion : rien ne me parut plus important qu'un livre.

Ce cheminement d'un enfant est retracé avec l'écriture habile d'un homme de lettres accompli. La narration est fluide : les sentiments et les émotions sont ciselés. On "sent" l'évolution de l'enfant malgré le regard impitoyable que lui porte son aîné. Il y a un effet saisissant de perspective qui prend le lecteur en otage. Au-delà du caractère voyeur de l'ouvrage, qui nous conduit dans l'antichambre d'un des plus grands esprits du XXème siècle, cet ouvrage permet de comprendre, peut-être un peu mieux, comment on devient écrivain.

Longtemps j'ai pris ma plume pour une épée : à présent je connais notre impuissance.

Bonne lecture!

Romain

mardi 1 novembre 2016

"La symphonie pastorale" d'André Gide #chronique #MardiConseil

Titre : La symphonie pastorale
Auteur : André Gide

"La symphonie pastorale" est un petit roman d'une grande sensibilité. Le style étant fluide et alerte, la lecture est très agréable et on se laisse emporter rapidement dans cet univers teinté de poésie. Néanmoins, il s'agit d'un drame qui prend sa source dans les tragédies grecques.

Gertude, jeune fille orpheline et aveugle, est recueillie par un pasteur et sa famille. Il l'éduque, mais il en tombe amoureux... Il en est de même de son fils, Jacques, que le père éloignera de la famille pour ce motif. Il y a donc un conflit moral important dans cette histoire : la morale chrétienne reste omniprésente et pèse sur tous les personnages comme un couvercle qui les empêche de s'échapper.

J'ai trouvé dans ce livre, dans cette hisoire et chez chacun des personnages, beaucoup d'émotions et de sentiments. L'écriture n'est pas mélodramatique et, à un aucun moment, l'auteur ne cède à la facilité du romantisme et du sentimentalisme. Je ne peux que vous en conseiller la lecture!

Romain

mardi 4 octobre 2016

"Boule de Suif" de Guy de Maupassant #chronique #MardiConseil

Titre : Boule de Suif

Auteur : Guy de Maupassant

1870, en pleine guerre prussienne. Dix personnes fuient la ville de Rouen, prise d'assaut par les soldats prussiens. Elisabeth Rousset, prostituée nommée "Boule-de-Suif" à cause de son embonpoint, donne de sa personne pour sauver les autres voyageurs lors de leur périple. Jusque-là me direz-vous, rien d'extraordinaire, et pourtant! Bien que de riches personnes voyagent dans cette diligence, seule la bonté d'Elisabeth les sauvera!

Dans la lignée de l'excellente Comédie Humaine de Balzac, Maupassant ne manque pas d’ingéniosité pour brosser un portait de ses contemporains et de l'humanité en général. Chaque personne présente dans ce carrosse représente un milieu social bien défini. Le huit-clos de la diligence fait ressortir le côté sombre des bourgeois présents : l'hypocrisie, la cupidité et les préjugés.

Dans un style limpide et juste, l'auteur grossit les traits de la bassesse humaine. L'amour, la morale et la décence de l'époque dans le milieu bourgeois sont tout aussi bien décrits. Symbole de l'immoralité, "Boule-de-Suif" est aux antipodes de ce qu'elle est censée représenter dans la société. Elle est à l'image de ses rondeurs : extrêmement généreuse. La respectabilité et la noblesse ne sont pas toujours là où on l'imagine, semble nous souffler Maupassant. Cependant, la noirceur de certains portraits ne doit pourtant pas masquer le côté ironique et jubilatoire de cette œuvre.

J'ai lu ce roman au lycée mais je n'avais pas encore un recul nécessaire pour comprendre certains éléments. J'ai pu à présent savourer cette œuvre qui, j'avoue, m'a fait réagir. En effet, bien que l'intrigue se situe au XIXe siècle, les thèmes abordés sont toujours d'actualité.

Je vous souhaite une bonne lecture !

Pauline

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