"Mémoires d'Hadrien" de Marguerite Yourcenar #chronique

Titre: « Mémoires d'Hadrien »
Auteur: Marguerite Yourcenar
Première publication : 1951

Marguerite Yourcenar est une auteure française qui était la première femme reçue à l'Académie Française. Elle était véritablement une humaniste, lisant couramment le grec ancien et le latin, défendait l'environnement et avait une profonde connaissance de ce qui constitue l'être d'un humain.

Le roman "Mémoires d'Hadrien" est l'ouvrage d'une vie. Commencé à l'âge de vingt et un ans, ce roman l'occupera, par intermittence, pendant presque trente années. Elle raconte que c'est dans une vieille malle qu'elle retrouve le manuscrit ébauché des années plus tôt... Elle avait oublié l'existence de ce projet littéraire et elle s'y remettra alors. Il y aura plusieurs versions avant qu'elle ne trouve le point de vue définitif : celui de l'empereur qui rédige une lettre.

Outre les grandes qualités littéraires du texte, on est pris de vertige pendant la lecture de cette longue confession de l'empereur Hadrien où sont repris les grands moments de son existence, ses réflexions à différents âges et les conclusions qu'il tire de cette vie bien remplie. L'ouvrage est si dense et si finement écrit qu'il est impossible de deviner qu'une femme du XXème siècle a pu écrire les confessions d'un empereur romain...

On se laisse bercer, d'anecdocte en anecdocte, par le flot continu de ce monologue méditatif. C'est exactement le genre d'ouvrage qui vous bouleverse et vous transforme. C'est une leçon d'écriture qui montre que l'écrivain est un acteur qui ne joue pas avec son corps, mais avec les mots. Loin de cette vision simpliste et caricaturale qui veut qu'un écrivain ne puisse écrire que ce qu'il est, Marguerite Yourcenar démontre qu'un grand auteur sait vivre mille personnalités distinctes.

Non seulement cet ouvrage est un incontournable de la littérature mondiale, mais il est de surcroît une méditation faite sur notre monde et nous permet de prendre, une fois le livre terminé, beaucoup de recul sur l'impermanence des civilisations.

A lire et à relire, sans fin!

Romain