"Vipère au poing", Hervé Bazin #chronique

Titre Vipère au Poing
Auteur Hervé Bazin
Date de la première parution 1948

« La Belle Angerie » ? Un nom splendide pour séraphins déchus, pour mystique à la petite semaine. Disons tout de suite qu’il s’agit d’une déformation flatteuse de la « La Boulangerie »

Le décor est posé.

Jean Rezeau, 10 ans, dit Brasse-Bouillon livre un combat impitoyable contre Folcoche, une femme cruelle, sadique, radine, une mégère, sa mère. « Vipère au poing » est un roman sur la maltraitance et l’enfance difficile. L’histoire commence avec la capture et la mise à mort d’une vipère, comme une prémonition sur ce qui va suivre. Les 3 garçons vont devenir les souffre-douleur de leur mère. Le père, lâche, ne se rebelle qu’une seule fois : « Mais enfin Paule, vous allez nous foutre la paix »

Vipère au poing, c’est l’autobiographie d’Hervé Bazin. D’ailleurs entre le roman et la véritable famille d'Hervé Bazin, les prénoms et noms des personnages sont souvent à peine modifiés. Ce combat de chaque instant va nourrir Jean/Hervé qui jamais ne se pose en victime mais toujours en guerrier. Il déteste qu’on le plaigne. Ce roman connaît un immense succès après-guerre et est suivi de nombreux autres, comme La Mort du petit cheval, puis Cri de la chouette qui décrivent, avec un certain naturalisme et un art du portrait psychologique, les mœurs de son époque.

Le livre est dur, Folcoche détestable, Jean courageux. Je vous dirais bien de ne pas le lire tellement l’histoire est affreuse, mais cette transformation de la haine en énergie positive vaut vraiment la peine d’être lue… quand même.

Natalie