Eugénie Grandet, Honoré de Balzac #chronique

Titre Eugénie Grandet
Auteur Honoré de Balzac
Date de la première parution 1833

« - Veille à l’or, mets de l’or devant moi. Eugénie lui étendait des louis sur une table, et il demeurait des heures entières les yeux attachés à ses louis. Ça me réchauffe ! disait-il  »

balzac_grandet.jpg Eugénie Grandet occupe une place à part dans La Comédie humaine. Au XIX ème siècle émerge l’idée de « vie privée, » on a d’ailleurs parlé de «tragédie bourgeoise.» Dans ce roman, Eugénie est une héroïne de l’ombre, écrasée par le despotisme du père.

Une histoire tragiquement banale, puisqu’elle mène une existence de quasi-miséreuse, bien que son père soit richissime. Riche, certes, mais d’une avarice redoutable voire passionnelle. Il a pu acquérir, après la révolution, des vignobles, des métairies et a fait quelques « juteux » héritages. Comme « financièrement parlant monsieur Grandet (tient) du tigre et du boa » il a su faire fructifier ses placements. Eugénie devient un très beau partie malgré un physique plutôt quelconque, une peau couleur de coing et quelques séquelles de la petite vérole. Elle tombe amoureuse de son cousin désargenté et orphelin, Charles. Ils se promettent un amour éternel… Il doit partir faire fortune.

Ce roman évoque les mentalités sous la Restauration Française. Il traite de l’éternel sujet du choix de l’amour et de l’argent, d’une jeune fille élevée - bien plus qu’éduquée - dans l’ignorance. Ce roman, comme souvent dans « La Comédie Humaine », nous relate l’évolution des caractères des protagonistes, la candeur d’Eugénie muée par une perte totale de ses illusions, le jeune dandy ravissant transformé en jeune loup.

J’aime assez l’idée de vous rappeler que Georges Sand a 29 ans lors de la publication d’Eugénie Grandet. Elle rencontre Alfred de Musset, cette année-là. Elle, libre et passionnée, Eugénie, dévote et cloîtrée.

Natalie